Cet été, beaucoup d’entre nous ont ressenti quelque chose de nouveau. Ce n’était plus une information lue dans un journal ou un graphique aperçu lors d’un reportage. C’était une chaleur écrasante qui empêchait de dormir. C’était une odeur de fumée à l’horizon. C’était, pour certains, l’annonce d’un feu qui se rapprochait d’un lieu familier.
Le réchauffement climatique n’est plus une théorie. Il est devenu une expérience physique, vécue dans le corps
Deux visages de la même angoisse
La canicule installe une fatigue qui ne se résorbe pas avec le sommeil, une irritabilité diffuse, parfois une peur sourde de « et si ça continuait, et si ça empirait chaque année ». Le corps est en alerte constante, sans répit, même la nuit.
Les incendies, eux, provoquent une sidération différente. Face à des images de forêts qui brûlent, on se sent souvent tétanisé, impuissant. Une question revient alors, presque obsédante : mais qu’est-ce que je peux faire, moi, à mon échelle ?
Ces deux expériences, bien que différentes, ont un point commun : elles ancrent dans le corps ce que l’esprit refusait peut-être encore de pleinement intégrer. Et c’est précisément ce point d’ancrage corporel qui peut faire basculer une inquiétude légitime vers une véritable éco-anxiété : un état d’alerte permanent, une angoisse qui s’invite dans le quotidien, parfois jusqu’à envahir le sommeil, les relations, la capacité à se projeter.
Une précision qui change tout
Il y a une nuance essentielle à poser, et elle est libératrice : la planète n’a pas besoin d’être sauvée.
Elle a déjà traversé des glaciations, des périodes de sécheresse extrême, des bouleversements majeurs. Elle nous survivra, très probablement, sous une forme ou une autre. Ce qui est réellement en jeu, ce n’est pas la planète elle-même, mais le vivant qui nous entoure : les arbres, les écosystèmes, la biodiversité, et notre propre capacité à continuer à vivre dans des conditions habitables.
Ce recul change la focale. On ne se bat plus pour un objectif abstrait et écrasant (« sauver la planète »), mais pour quelque chose de concret, de proche, de protégeable : le vivant qui nous entoure directement.
Pourquoi l’action est le meilleur antidote
L’éco-anxiété se nourrit d’un sentiment central : celui de l’impuissance. Et face à l’impuissance, il n’existe pas de meilleur remède que l’action, même modeste, même locale.
S’engager pour le climat évoque souvent de grands mots, des débats politiques, des postures qui peuvent sembler hors de portée pour un individu. Mais l’engagement le plus efficace contre l’éco-anxiété n’est pas celui qui change le monde entier : c’est celui qui redonne un sentiment de prise sur son propre environnement.
Quelques pistes d’action locale, concrète, accessible :
- S’opposer à un projet polluant près de chez soi, en participant à une enquête publique ou en rejoignant un collectif local.
- Protéger les arbres de son quartier ou de sa commune, signaler les abattages non justifiés.
- Donner à boire aux animaux en période de canicule (points d’eau pour oiseaux et petits mammifères).
- Soutenir les transports en commun, en les utilisant ou en portant leur développement auprès des élus locaux.
- Réduire sa consommation de viande et de poisson issus de l’élevage et de la pêche intensifs, sans nécessairement viser une transformation radicale et immédiate.
- Encourager la rénovation thermique des bâtiments et la végétalisation des espaces urbains, y compris à l’échelle de sa copropriété ou de son quartier.
- Consommer local et de saison, en réapprenant le rythme des produits plutôt que leur disponibilité permanente.
- Sortir du virtuel pour recréer du lien humain autour de soi : les solidarités concrètes de voisinage sont aussi une réponse à l’éco-anxiété, car elles rompent l’isolement dans lequel cette angoisse prospère souvent.
Aucune de ces actions ne résoudra le dérèglement climatique à elle seule, mais chacune restaure, à sa mesure, un sentiment d’agentivité, cette capacité à agir sur son environnement, qui est précisément ce que l’éco-anxiété érode.
Quand consulter ?
Ressentir de la peur, de la colère ou de la tristesse face aux dérèglements climatiques est une réaction saine et proportionnée. Ce n’est pas un trouble en soi. En revanche, quand cette angoisse devient envahissante, qu’elle perturbe le sommeil, la concentration, les relations, ou qu’elle s’accompagne d’un sentiment de sidération durable, il peut être utile de mettre des mots dessus avec un accompagnement professionnel.
En tant que psychopraticienne, j’accompagne les personnes qui traversent ces états d’alerte diffuse, pour les aider à transformer un sentiment d’impuissance en un espace où l’émotion peut être accueillie, comprise, et progressivement apaisée. Si vous vous reconnaissez dans ce que je viens de décrire, n’hésitez pas à me contacter pour un premier échange.
Pour prendre rendez-vous c’est ici.

